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L'Afrique a des terres. Mais elle achète sa nourriture.
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L'Afrique a des terres. Mais elle achète sa nourriture.

Le continent détient 65 % des terres arables mondiales non exploitées et dépense 110 milliards de dollars par an pour importer sa nourriture.

Actunova Actunova
27 mars 2026
2 min lecture
C'est le paradoxe le plus absurde de l'économie mondiale. L'Afrique détient les deux tiers des terres arables non cultivées de la planète. Son climat permet de produire 80 % des aliments consommés dans le monde. Et pourtant, chaque année, le continent débourse entre 35 et 110 milliards de dollars selon les estimations pour importer sa nourriture. Ce n'est pas un problème naturel. C'est un problème structurel, politique et économique.

Ce qui se passe

En Afrique de l'Ouest et du Centre, 55 millions de personnes peinent à se nourrir lors de la saison de soudure. La production céréalière 2023-2024 accuse un déficit de 12 millions de tonnes. En parallèle, les exportations agricoles africaines restent dominées à 65 % par des matières premières brutes sans transformation. Le Nigeria, premier producteur de tomates du continent, exporte la quasi-totalité de sa récolte non transformée et importe du concentré fini.

Pourquoi ça arrive

Trois verrous structurels bloquent tout : le foncier, le financement et la transformation. Plus de 80 % des terres arables africaines ne sont pas enregistrées elles obéissent à des droits coutumiers qui ne permettent pas de les utiliser comme garantie pour obtenir des crédits. Sans crédit, pas de mécanisation. Sans mécanisation, pas de productivité. Et sans transformation locale, la valeur ajoutée part ailleurs.

Qui gagne, qui perd

Qui gagne : Les exportateurs asiatiques et européens de riz, blé et concentrés alimentaires. Les multinationales agroalimentaires qui transforment les matières premières africaines hors du continent et les revendent à prix fort.

Qui perd : Les États africains, qui saignent en devises. Les agriculteurs locaux, écrasés par des importations subventionnées. Et les ménages pauvres, pris entre une production locale insuffisante et des prix mondiaux volatils.