Ce qui se passe
En Afrique de l'Ouest et du Centre, 55 millions de personnes peinent à se nourrir lors de la saison de soudure. La production céréalière 2023-2024 accuse un déficit de 12 millions de tonnes. En parallèle, les exportations agricoles africaines restent dominées à 65 % par des matières premières brutes sans transformation. Le Nigeria, premier producteur de tomates du continent, exporte la quasi-totalité de sa récolte non transformée et importe du concentré fini.
Pourquoi ça arrive
Trois verrous structurels bloquent tout : le foncier, le financement et la transformation. Plus de 80 % des terres arables africaines ne sont pas enregistrées elles obéissent à des droits coutumiers qui ne permettent pas de les utiliser comme garantie pour obtenir des crédits. Sans crédit, pas de mécanisation. Sans mécanisation, pas de productivité. Et sans transformation locale, la valeur ajoutée part ailleurs.
Qui gagne, qui perd
Qui gagne : Les exportateurs asiatiques et européens de riz, blé et concentrés alimentaires. Les multinationales agroalimentaires qui transforment les matières premières africaines hors du continent et les revendent à prix fort.
Qui perd : Les États africains, qui saignent en devises. Les agriculteurs locaux, écrasés par des importations subventionnées. Et les ménages pauvres, pris entre une production locale insuffisante et des prix mondiaux volatils.