L'Essentiel
- • Des féminicides restent juridiquement non reconnus
- • Au moins 18 cas recensés en 2025
- • Des obstacles sociaux et juridiques persistants
- • une prise de conscience collective émerge
Les Faits
Ce qui se passe
Les cas de féminicides sont de plus en plus visibles au Sénégal.
Ces crimes concernent majoritairement des femmes tuées par un conjoint ou un ex-partenaire, souvent dans des contextes de violence prolongée. Leur médiatisation croissante sur les réseaux sociaux et dans la presse marque un tournant.
Pourtant, sur le plan juridique, ces actes ne sont pas qualifiés comme tels.
« Le féminicide n’est pas reconnu juridiquement dans la législation sénégalaise, mais plusieurs textes permettent déjà de sanctionner ces actes, notamment à travers les qualifications de meurtre ou d’assassinat. »
Didier, étudiant en science politique
L'Analyse
Pourquoi ça arrive
Au-delà des faits, les causes sont multiples et profondes.
Le droit sénégalais permet de sanctionner sévèrement les crimes, notamment depuis la loi de 2020. Mais il présente encore des limites.
« Le Code pénal sénégalais ne contient pas encore le terme de féminicide. Sans cette qualification, le mobile sexiste n’est pas toujours pris en compte. »
Aimé, étudiant en droit
Les obstacles ne sont pas seulement juridiques. Ils sont aussi sociaux :
- pression familiale et culturelle
Dans de nombreux cas, la famille joue un rôle déterminant. Lorsqu’une femme subit des violences, elle est souvent encouragée à « préserver le foyer » plutôt qu’à dénoncer. Quitter son mari peut être perçu comme une honte ou un échec, surtout dans des milieux où le mariage est fortement valorisé. Cette pression pousse certaines victimes à rester dans des situations dangereuses.
- silence imposé aux victimes (« soutoura »)
Le concept de soutoura, très présent dans la société sénégalaise, valorise la discrétion et la préservation de l’honneur familial. Porter plainte ou exposer publiquement des violences est parfois vu comme une trahison. Résultat : beaucoup de femmes se taisent, minimisent les faits ou retirent leur plainte, ce qui empêche toute intervention efficace.
- dépendance économique
De nombreuses femmes dépendent financièrement de leur conjoint. Cette situation limite leur capacité à partir ou à se protéger. Sans revenus stables, logement ou soutien matériel, quitter un environnement violent devient extrêmement difficile. Cette dépendance renforce le cycle de violence et l’exposition au risque de féminicide.
« La culture du silence pousse souvent les victimes à ne pas porter plainte. »
Aimé, étudiant en droit
"La culture du silence pousse souvent les victimes à ne pas porter plainte."
Les Conséquences
Qui gagne, qui perd
Les conséquences sont lourdes et durables :
des familles brisées
des enfants traumatisés
une insécurité croissante chez les femmes
Ces crimes révèlent aussi un problème plus large : une société où certaines violences restent tolérées ou minimisées.
Perspectives
Ce qui va (probablement) se passer
Aujourd’hui, un changement est en cours.
La mobilisation sur les réseaux sociaux, les prises de parole publiques et les débats juridiques témoignent d’un réveil progressif.
Scénario 1 : reconnaissance du féminicide
meilleure visibilité et réponse adaptée
Scénario 2 : maintien du cadre actuel
poursuite des violences malgré la répression
Ce qu'il faut retenir
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Le féminicide reste non reconnu juridiquement au Sénégal
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Les lois existent mais restent insuffisantes face à la réalité
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La société sénégalaise commence enfin à se réveiller face à ces crimes