L'or en correction l'Afrique de l'Ouest compte ses gains
L'or a chuté de 20% en moins de deux mois. De 5 595$ le 29 janvier à 4 490$ le 22 mars. Pour les marchés occidentaux, c'est une correction technique classique prévisible après un pic historique.
Pour l'Afrique de l'Ouest, le tableau est plus complexe.
Le Mali et le Burkina Faso figurent parmi les cinq premiers producteurs africains d'or. À 4 490$/once, leurs recettes d'exportation restent historiquement élevées plus du double des niveaux de 2022. Sur le papier, c'est une aubaine.
Mais la réalité du terrain raconte autre chose. Les juntes au pouvoir peinent à maintenir la confiance des investisseurs miniers. Les infrastructures d'exportation restent fragiles. Et une part croissante de l'or quitte la région sans être déclarée alimentant des réseaux informels qui échappent totalement aux États.
Le paradoxe africain de l'or est brutal : produire des milliers de tonnes d'un métal à son plus haut historique, et ne pas réussir à en faire un levier de développement durable.
La vraie question n'est pas de savoir si l'or va remonter. C'est de comprendre pourquoi l'Afrique de l'Ouest produit de l'or et reste pauvre.