Ce qui se passe
Le détroit d'Ormuz est un point stratégique majeur : environ 20 % du pétrole mondial y transite chaque jour. Sa perturbation est immédiate. La quasi-totalité des pays africains dépendent des importations pour leurs besoins en produits pétroliers, et ne disposent que de réserves de carburant pour 15 à 25 jours — contre 90 jours recommandés par l'Agence internationale de l'énergie. Au Nigeria, les prix à la pompe s'envolent. Au Kenya et en Éthiopie, les prix du carburant ont augmenté de 15 % en une semaine, poussant l'inflation vers les 10-12 %.
Pourquoi ça arrive
La vulnérabilité de l'Afrique est structurelle, pas conjoncturelle. Pour le Sénégal, importateur net d'énergie, la facture pétrolière augmenterait, le déficit commercial pourrait se creuser et la pression sur les réserves de change s'accentuer. S'y ajoute la chaîne alimentaire : jusqu'à 30 % des exportations mondiales d'engrais transitent par le détroit d'Ormuz.
Qui gagne, qui perd
Perdants : les ménages africains. L'inflation des carburants se répercute rapidement sur les transports, la production d'électricité, la transformation des céréales et la logistique frigorifique. Les États sahéliens — Burkina Faso, Mali, Niger sont particulièrement exposés, avec des marges budgétaires quasi nulles.
Gagnants relatifs : les pays producteurs africains comme le Nigeria ou l'Angola, qui encaissent des recettes pétrolières exceptionnelles. Mais même pour eux, l'inflation importée et les disruptions logistiques pèsent lourd.