Ce qui se passe
À la suite des frappes israéliennes contre des installations iraniennes en juin 2025, le Brent a bondi de 5,5 % à l'ouverture des marchés, atteignant 75 dollars le baril. En parallèle, les attaques houthies en mer Rouge perturbent les routes commerciales mondiales, renchérissant les importations ouest-africaines carburant, blé, intrants agricoles.
Le Sénégal, déjà fragilisé par les retards de production gazière et les incertitudes politiques, affiche un déficit public révisé à 12,7 % du PIB pour 2024, contre 3,9 % prévu initialement.
Pourquoi ça arrive
La polycrise fonctionne comme un amplificateur. Chaque choc externe Covid, Ukraine, Gaza frappe une économie déjà fragilisée. L'inflation dans la zone UEMOA devrait rester supérieure au taux cible de 3 %, malgré une légère décrue. Les banques centrales des pays avancés maintiennent des taux élevés, asséchant les financements vers le Sud.
Qui gagne, qui perd
Perdants : Les pays importateurs nets Côte d'Ivoire, Mali, Burkina subissent de plein fouet la hausse des prix énergétiques et alimentaires. Les ménages les plus pauvres payent le tribut de l'inflation importée.
Gagnant inattendu : Le Sénégal a produit 16,9 millions de barils en 2024, générant près de 950 millions de dollars. En 2025, l'objectif monte à 30,53 millions de barils depuis Sangomar. La crise mondiale valorise ce pétrole stable, atlantique, hors zone de conflit.