Ce qui se passe
Le ratio dette/PIB est passé de 74,4 % à 99,7 % fin 2023. Le déficit budgétaire a été réévalué de 4,9 % à 12,3 % du PIB. Les chiffres réels étaient donc presque le double de ce que déclarait l'ancien régime. Le 26 septembre 2024, Sonko, désormais Premier ministre, accuse officiellement le gouvernement Sall d'avoir falsifié les données transmises aux partenaires internationaux. En réponse, le FMI gèle le programme d'aide de 1,8 milliard de dollars et reporte le versement de 338 milliards de FCFA.
Pourquoi ça arrive
Le mécanisme est classique. Un gouvernement gonfle ses indicateurs pour paraître solvable, emprunte davantage, et repousse l'ajustement. Selon Reuters, ce cas figure parmi les plus importants de mauvaise déclaration de dette jamais détectés dans le cadre d'un programme de surveillance du FMI.
Qui gagne, qui perd
Perdants immédiats : l'État sénégalais. Les recettes fiscales sont en baisse de 9 % par rapport aux prévisions soit un manque à gagner de près de 500 milliards de FCFA. Les prévisions de croissance 2026 sont révisées à 2,5 %, contre 6,7 % en 2025.
Perdants structurels : les ménages et les PME, qui subiront la compression budgétaire inévitable.
Gagnant potentiel : le nouveau régime Faye-Sonko, s'il réussit à transformer cette crise en capital politique de transparence.