Le 4 avril 2026, en marge d'un événement dédié à la jeunesse à Mbour, le Premier ministre Sonko annonce une mesure choc : fini les voyages officiels non urgents. Lui-même annule trois déplacements prévus. Ce geste symbolique révèle une réalité brutale : le Sénégal navigue entre ambition souverainiste et contrainte budgétaire extrême, pris en étau entre une dette abyssale héritée et un choc pétrolier imprévu.
Les Faits
Ce qui se passe
Au premier trimestre 2025, le service de la dette a atteint 822 milliards de francs CFA (environ 1,4 milliard de dollars), en hausse de 24 % sur un an. Face à ce mur financier, le gouvernement a effectué des coupes de 280,5 milliards de francs CFA sur le budget de fonctionnement de l'État pour 2026.
Double peine : la guerre au Moyen-Orient a propulsé le baril à 115 dollars, contre 62 dollars prévus dans les projections budgétaires.
L'Analyse
Pourquoi ça arrive
Un audit de la Cour des comptes a révélé que le déficit budgétaire réel avait été sous-estimé de jusqu'à sept points de PIB par an sous l'ancien régime. Ce choc de transparence a tout déréglé : notation dégradée, FMI suspendu, marchés méfiants.
Les Conséquences
Qui gagne, qui perd
Gagnants (à court terme) : les créanciers internationaux, rassurés par l'effort affiché. Les marchés régionaux, qui captent la demande en titres publics.
Perdants : près de 37,5 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, avec des taux dépassant 50 % en milieu rural. L'austérité pèse d'abord sur eux. La volonté de payer la dette à tout prix entraîne un coût énorme pour la population et les entreprises.