Ce qui se passe
La construction, réalisée par Eiffage Energie Systèmes RMT, a démarré en juillet 2024 pour une mise en service en janvier 2026. L'installation utilise des panneaux photovoltaïques monocristallins montés sur trackers mono-axe, optimisant la capture solaire. La centrale est raccordée au réseau national sénégalais et se situe à proximité immédiate de Senergy 2, un parc solaire de 20 MW mis en service en 2016.
Le système de batteries lithium-ion assure une fonction critique : réguler la fréquence du réseau électrique national. Concrètement, il compense les variations de production solaire et stabilise l'alimentation, réduisant ainsi les coupures. Le projet permettra de réduire les émissions de CO₂ de 26 600 tonnes par an, équivalent au retrait de plus de 18 000 voitures.
Pourquoi ça arrive
Le Sénégal fait face à un défi de taille : électrifier 100% du territoire d'ici 2030 tout en décarbonant son mix énergétique. Le pays figure parmi les leaders africains avec une puissance installée de 1903,8 MW en 2024 dont 29,1% de la part d'énergies renouvelables. Mais l'intermittence solaire posait problème.
Le stockage par batteries change la donne. Il permet de stocker l'énergie produite en journée pour la restituer aux heures de pointe, typiquement en soirée quand la demande grimpe mais le soleil décline. Cette technologie transforme le solaire d'énergie aléatoire en source fiable et prévisible.
Le pays bénéficie d'un écosystème favorable. Le Pacte National pour l'Énergie vise à mobiliser 2,3 milliards USD d'investissements privés pour développer le secteur. Le Partenariat pour une Transition Énergétique Juste (JETP), conclu en 2023 avec des partenaires européens, apporte 2,5 milliards d'euros de financement.
Qui gagne, qui perd
Les gagnants immédiats : Les 2,3 millions d'habitants de la région bénéficieront d'une électricité plus stable. Les industriels profiteront d'un réseau fiabilisé, crucial pour les investissements. Africa REN consolide sa position avec un contrat take-or-pay de 20 ans avec Senelec.
L'effet d'entraînement : Walo Storage ouvre la voie. Trois autres projets similaires sont en développement : la centrale de Kolda (60 MWc avec 72 MWh de stockage, prévue pour 2026), celle de Niakhar (30 MWc avec 45 MWh), et le projet d'Eramet à Diogo (20 MW avec 11 MWh).
Les défis persistants : Le taux d'électrification urbaine est de 97,1% contre seulement 64,5% en milieu rural. Les inégalités d'accès restent massives. De plus, la viabilité financière de Senelec demeure fragile, nécessitant une optimisation des coûts et une réduction progressive des subventions.