Ce qui se passe
En dix ans, les revenus des 100 premiers marchands d'armes ont bondi de 26 %. En 2024, ils ont progressé de 5,9 % supplémentaires poussés par les conflits en Ukraine et à Gaza. Les États-Unis dominent avec 334 milliards de dollars, soit près de la moitié du total mondial. En Europe, les 26 premières entreprises ont vu leurs revenus grimper de 13 %. Au Moyen-Orient, les trois groupes israéliens ont engrangé 16,2 milliards de dollars en hausse de 16 % malgré les critiques internationales.
Pourquoi ça arrive
L'économie de la guerre est un marché. Elle a ses fournisseurs, ses clients, ses chaînes d'approvisionnement. Chaque conflit génère une demande : munitions, drones, missiles, systèmes de défense. Et cette demande, contrairement à d'autres marchés, ne connaît pas de récession. Plus les tensions durent, plus les commandes s'accumulent.
Ce n'est pas nouveau. En 1961 déjà, le président américain Eisenhower avait mis en garde contre la montée d'un "complexe militaro-industriel" une alliance entre industrie de défense, lobbies et décideurs politiques capable d'entretenir les conditions qui la nourrissent.
Qui gagne, qui perd
Qui gagne : Lockheed Martin, RTX, Northrop Grumman, BAE Systems, Rheinmetall. Leurs actionnaires. Les États exportateurs d'armes. Les fonds d'investissement qui financent leur expansion.
Qui perd : Les civils ukrainiens, palestiniens, soudanais, sahéliens. Les budgets sociaux des pays en guerre. Et l'Afrique, qui absorbe les crises sans jamais avoir commandé les armes qui les alimentent.