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Routes du Sénégal : 5 milliards de dollars pour recoudre un pays
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Routes du Sénégal : 5 milliards de dollars pour recoudre un pays

900 km d'autoroutes d'ici 2030 le plus grand chantier routier de l'Afrique de l'Ouest francophone est en marche.

Actunova Actunova
25 mars 2026
2 min lecture
Un pays se mesure aussi à ses routes. Depuis 2009, le Sénégal a engagé plus de 5 milliards de dollars dans son réseau autoroutier. Résultat : 548 km construits, dont 358 en service. Et la machine ne s'arrête pas. Trois chantiers stratégiques avancent en parallèle pour relier Dakar au reste du pays et le Sénégal à ses voisins. C'est l'armature physique du Plan Sénégal Émergent 2050.

Ce qui se passe

L'autoroute Mbour-Fatick-Kaolack, longue de 100 km, affiche un taux d'avancement de 91 %, avec une livraison prévue en avril 2026. Le chantier a déjà généré 2 100 emplois directs et des mesures d'accompagnement pour 2 200 personnes impactées.

L'autoroute Dakar-Tivaouane-Saint-Louis, longue de 200 km, est en chantier depuis 2023 pour un coût de 752 milliards FCFA, avec une mise en service prévue en décembre 2026. L'autoroute Mbour-Kaolack bénéficie quant à elle d'un financement de 738 millions d'euros, soit environ 484 milliards FCFA.

Pourquoi ça arrive

Dans le cadre de la Vision 2050, le Sénégal vise un réseau autoroutier de 900 km d'ici 2030, intégrant les grands corridors régionaux comme le tronçon Dakar-Abidjan-Lagos soutenu par la CEDEAO.

La logique est profondément économique. Une route réduit le coût du transport, fluidifie les échanges agricoles, ouvre les marchés ruraux et réduit les accidents. En Afrique de l'Ouest, le coût de la désintégration routière est estimé entre 1 et 3 % du PIB annuel selon la Banque mondiale.

Qui gagne, qui perd

Gagnants : Les régions de Fatick, Kaolack et Saint-Louis, longtemps enclavées. Les transporteurs et commerçants du corridor Dakar-Bamako-Bissau. Les agriculteurs qui accèdent enfin aux marchés urbains à coût réduit. Le tourisme balnéaire entre Dakar et Mbour, fluidifié.

Points de vigilance : Le financement repose largement sur des prêts extérieurs dont des emprunts chinois. Les coûts au km restent élevés à cause de la densité des ouvrages d'art, de la qualité des sols et des contraintes urbaines. La maintenance à long terme reste le talon d'Achille des infrastructures africaines.